La Ferme de Tart-le Bas, vitrine de l'établissement pour les Assises de l'Agroécologie
La Ferme de Tart-le-Bas a accueilli une visite des Assises Territoriales de l'Agroécologie et de l'Alimentation, événement qui réunissait près de 900 participants à Dijon ces 21 et 22 septembre. Élus, chercheurs, agriculteurs et acteurs de toute la France sont venus constater sur le terrain une démarche que la Ferme mène depuis plusieurs années déjà.

La visite s'est organisée en trois temps : grandes cultures, élevage, puis maraîchage, un parcours pensé par Guillen SCHWENCKE, directeur de l'exploitation, pour donner à voir la diversité et la cohérence d'ensemble de l'exploitation. Ce n'est pas un hasard si Tart-le-Bas a été choisie : certifiée haute valeur environnementale, la Ferme affiche aujourd'hui un IFT (Indice de Fréquence de Traitement) moyen de 3, quand la moyenne régionale se situe autour de 7.
Cette trajectoire repose sur la complémentarité entre élevage et grandes cultures : l'orge et la paille produites sur l'exploitation alimentent le troupeau, qui fournit en retour du fumier composté pour fertiliser les cultures et le maraîchage. Les charolaises passent 7 à 8 mois de l'année au pré et sont nourries l'hiver avec le foin et l'orge de la Ferme, qui ne dépend de l'extérieur que pour les tourteaux de colza. Sur les grandes cultures, labour raisonné, désherbage mécanique et rotation des cultures limitent le recours aux produits phytosanitaires.
Sur le maraîchage, la visite a permis de découvrir un système en expérimentation : une parcelle divisée en deux, une moitié en maraîchage biologique « classique », l'autre en verger maraîcher associant légumes et lignes d'arbres fruitiers résistants à la fois à la chaleur et au gel. L'objectif est de tester si cette couverture arborée protège mieux les légumes des aléas climatiques, tout en diversifiant la production. Le projet s'appuie notamment sur le programme européen AllTogether et le projet pédagogique AgroOpenLab.
La visite a aussi permis d'aborder la réalité économique : 20 quintaux de blé bio à l'hectare contre 90 en conventionnel, un écart que l'équipe aborde avec pragmatisme, misant sur la baisse des charges liée à la réduction des intrants. L'autonomie fourragère de l'élevage s'avère précieuse en cette année de sécheresse historique, tandis que la rentabilité du maraîchage reste à consolider.
Comme l'a résumé Lucas, salarié responsable des grandes cultures : « On travaille avec le temps et le vivant, les processus sont parfois difficiles à mettre en place. » En recevant cette visite, la Ferme confirme son rôle de site pilote pour les démarches agroécologiques du territoire dijonnais.










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